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Sur la violence

Éditorial de G. Forni Rosa et Y. Vargas – Extrait

« La Revue Rousseau » s’inscrit parmi les nombreuses contributions qui analysent, çà et là, la philosophie du genevois. Ce qui spécifie notre revue est sa perspective : nous nous intéressons plus précisément au caractère subversif de la pensée rousseauiste.
Identifier Rousseau à la subversion peut paraître baroque, voire impertinent, tant s’impose à notre imagination cette image apaisée d’un doux promeneur solitaire et introverti, qui se penche sur les fleurs assoupies plus que sur les tumultes des sociétés. Pourtant, ce paisible botaniste est aussi un ami du peuple ; non du peuple abstrait dont parlent volontiers les philosophes pour justifier le pouvoir des princes, mais du peuple réel, des paysans pauvres et ruinés par les marchands et les nobles, la monnaie et les grandes villes.
Aussi, son amour du vrai peuple le conduit à détester les puissants, les riches, les tyrans, et à envisager les moyens d’élever le peuple au niveau qu’il mérite. Pour cela, il doit, mal gré qu’il en ait, forger des concepts qui incluent une subversion latente ou patente.